Le Mont Athos

Une expérience à tenter mais à petite dose. Je voulais essayer trois nuits dans les monastères du Mont Athos, endroit interdit aux non orthodoxes. Il existe un passe droit pour 10 personnes étrangères à cette religion par jour. Il faut s'enregistrer au bureau des guides à Thessalonique et se présenter le matin même du jour prévu à Ouranopolis à l'entrée de la république orthodoxe du Mont Athos. La, moyennant 30 euros on vous délivre le fameux césame. En principe lorsque vous avez votre autorisation par Thessalonique il vous faut réserver les monastères en téléphonant à chaque monastère pour préciser quel jour vous resterez coucher. Une seule nuit par monastère uniquement, vous devrez changer trois fois de monastère pendant ce périple.

En m'arrêtant à Thessalonique j'obtiens l'autorisation pour le lendemain. C'est un petit bureau en fond de cour qui m'accueille. Rien que  petit bureau sombre vous met déjà dans l'ambiance, c'est austère. Derrière son PC avec comme tout décor, une baie de brassage numérique, un homme m'explique avec le même anglais que moi que c'est possible pour demain. J'étais passé sans grand espoir d'obtenir cette autorisation mais finalement elle m'est accordée. Je comprendrais plus tard pourquoi..... Concernant les réservations il ne me précise rien ou du moins je ne comprends rien à ce qu'il me raconte, juste me tend il un papier avec tous les monastères et les numéros de téléphone. Je ne parle pas grec, cela ne va pas faciliter les choses. Il me faut désormais rejoindre Ouranopolis ou se situe le départ du bateau.

Je me présente donc le matin au bureau qui délivre les pilmgril........ La fameuse autorisation. Il faut avoir son passeport pour l'enregistrement. Je demande concernant les réservations.... No problem me répond t'on. Êtes vous sur ? No problem Sir !!!!!!  On me demande de passer au second guichet ou l'on me montre une calculette ou est inscrit 30........ 30 euros bien évidement. 

9h45 le ferry dédié au Mont Athos démarre, il faut deux heures de mer pour rejoindre Dafni, Avant d'arriver à Dafni, il s'arrête à chaque monastère pour déposer et reprendre pèlerins et véhicules.

Dafni est le terminus du bateau, c'est petit bourg (7maisons dont 5 commerces) d'où j'ai prévu de commencer mon périple. Une foule importante se presse pour prendre un ticket afin de prendre le ferry pour quitter le Mont. Il s'agit probablement de travailleurs étrangers car ici tous les monastères sont en réparation ou rénovation. Les ouvriers sont originaires en grande partie des Balkans. J'ai prévu de monter à kayres la "ville" dans l'intérieur et rejoindre un grand monastère. De la redescendre sur un autre côté ouest puis un troisième un peu plus loin enfin rentrer par le bateau.

D'après ma carte la distance de 10 km est réalisable facilement mais c'est sans compter le soleil qui me harcèle constamment puisque cette route est complètement dégagée d'arbres. Pire, elle n'est pas goudronnée bien sur mais beaucoup de camions et de 4x4 l'emprunte dégageant une  épaisse poussière à chaque passage que ce soit à la montée comme à la descente.

Il faut dire que la montée sous ce soleil de plomb est raide. Je crois que je n'ai jamais autant transpirer si ce qu'en 1976 à l'armée lors de la grande canicule  de juin. La sueur coule de partout et principalement le long de mes avant bras. Par chance je n'ai pas oublié la crème solaire.....

Chemin1 Chemin2 Chemin3

 

En arrivant au premier monastère que je devais laisser sur ma droite, je m'y engage ... Pourquoi ne pas s'arrêter la ? Je n'en peux déjà plus ruisselant de partout.  Demain je partirai vers une autre destination.....

Xiropotamou 1  
Refus de dormir ici ce soir  

 

Ne jamais faire ce périple en août, je comprends mieux pourquoi il y avait encore de la place.

Je franchi l'enceinte de Xiropotamou après plus de 4 km de montée harassante. Un moine se détourne en me voyant, je lui demande par ou passer et sans mot dire il m'indique la direction. En passant le portail, c'est un monde à part qui vous atteint. Calme, beauté et sérénité me viennent immédiatement à l'esprit. 

D'une propreté extrême, des décorations peintes partout, des matériaux nobles côtoient les pierres, la chaux et exclusivement du chêne. L'image des monastères tibétains vient immédiatement à l'esprit. Il est écrit Guesthouse sur l'interphone. Une sonnerie retenti déchirant le silence.... Mince je n'aurai pas du !

Une personne apparaît et m'explique des choses et trucs Sud j'ai du mal à capter tellement il me faut me remettre de cette montée. Un pèlerin arrive aussi, c'est un ukrainien qui ne fait que passer pour visiter l'église et se recueillir. Lui arrive à m'expliquer que sans réservation il n'est pas possible de s'arrêter ce soir. Je reprends donc mon bâton de pèlerin et décide cette de rejoindre le second (4km) en bordure de mer par un chemin très agréable et en descente. Je récupère de mes efforts en gérant le litre et demi d'eau qui doit friser l'ébullition :-)

C'est tout autre cadre que Pandeleimodos......... A l'architecture russe avec ces tours aux toits arrondis de couleur verte qui font penser aux églises en Russie. Plus tard on m'expliquera que c'est un haut de pèlerinage des orthodoxes russes.

D'immenses bâtiments colorés dominent le bord de mer, je pense à ce moment que vu la grandeur des bâtiments, il devrait y avoir un lit pour moi. Je cherche le Guesthouse et trouve un moine au visage fermé. Je lui tend mon autorisation, il regarde sa liste...... No !!!! Why ? Il me fait signe que je ne suis pas inscrit. Je lui demande ou aller ? Il m'indique sur ma carte le prochain monastère en me baragouinant que la c'est possible. J'ai vraiment ressenti que je dérangeais du moins qu'il n'avait rien à faire de ma personne.... Serait ce ma casquette, mon bâton de pèlerin de haute montagne TSL ou mon Canon en bandouilliere qui dérange ? 

Pandeleimonos Pandeleimonos1 Pandeleimonos2
     
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No camera, no movies.. les photos proviennent du bateau ou de l'approche.

Je repars par le chemin côtier avec pour compagnon de route cette fois l'air marin. C'est encore 4 km approximativement que je dois en longeant la côté et traverser les oliviers.

Architecture plus austère avec fortification que ce monastère. Toute l'enceinte, en partie en restauration avec les fonds européens, semble avoir été construite pour se défendre. Je franchis le portail pour trouver une boutique ou l'on m'indique le Guesthouse. Des pèlerins sont là a parler, se reposer mais pas de moines. Ce n'est que 20 minutes plus tard que le moine intendant passé et demande ( je suppose) qui veut rester dormir ce soir. Ouf ! Nous sommes trois, ce sont deux grecs qui font leur pèlerinage sur pratiquement un mois en s'arrêtant partout. Aucun ne parle un seul mot d'anglais, cela promet dans la chambre. C'est une chambre simple à 4 lits. Tout est en chêne ici. Les lits, le plafond, la table, la porte et les poignées en laiton. Je m'allonge pour récupérer après avoir pris une douche spartiate mais tellement requinquante. L'eau est chaude mais si elle avait est froide je m'en serai fichu complètement.

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Les grecs s'allongent aussi..... Je somnole écrasé par l'effort mais pas longtemps, ils sont deux a ronfler. Je n'ai jamais entendu ronfler aussi fort que parfois j'ai l'impression que les murs tremblent. La nuit va être longue !

Je decide d'aller faire des photos en attendant l'heure du repas qui en principe est vers 19 heures après la messe. Justement il est 18h et un moine sonne la messe. Par curiosité et parce que Je suis aussi venu pour découvrir le mode de vie d'un monastère je suis les pèlerins qui entrent dans l'église non sans avoir dépasser l'appareil dans la chambre.

Le rituel orthodoxe est précis. Chaque pèlerin se signent plusieurs fois devant une trentaine d'icônes sacrées en les embrassant à chaque fois. Cela perd un petit bout de temps ce qui permet à la vingtaine de moines présents au monastère de se mettre en place et commence la lecture des textes sacrés. L'intérieur est extrêmement riche en peintures ( je ne me suis pas permis de voler une image...) il ne reste aucun centimètre carré de libre sur les murs. De grandes chaînes descendent du plafond en soutenant d'énormes lustres, porte-icônes ou bougies en métal jaune dont certains me paraissent en bronze, d'autres en or. Au milieu de l'église trône l'icône originale qui est censée je suppose, être la sainte patronne du monastère. Cette icône est déclinée en de multiple façon à la boutique. Business is business! Ils vendent aussi de nombreux objets religieux mais aussi des produits de leur production. De l'huile d'olive, du vin blanc et rouge et un genre de vodka dont j'ai goûté : la vache c'est goûteux mais quels ce que c'est fort. Aucune indication de degrés n'est inscrite. 

Je ne reste que 15/20 minutes dans l'église et sort prendre le frais de la cour intérieure. Il 19h lorsque tout le monde de l'église et rejoint la salle du repas. Un moine nous indique ou nous assoir. Dans des écueils en inox est déjà servi une soupe froide constituée d'haricots blancs entiers baignants dans un jus à bases de tomates. C'est plutôt agréable, bon et bienvenue après tant d'effort. Les verres sont en inox et de l'eau, pas de vin. Même les moines sont à l'eau. Sur table, une assiette d'olive, quelques tomates, de grosses prunes jaunes, du pain et quelques bouts de gâteaux à base de miel et meringue.

Il faut dire que je n'ai pas vu grand chose des tomates ou olives, mes deux goinfres de grecs se sont jetés dessus comme la misère sur le pauvre monde. En plus de ronfler, ce sont des gougeats !

10 minutes passent et moine intendant passé en laissant échapper une phrase grecque. En regardant le visage de mon voisin d'en face qui foi la moue, je dois pouvoir affirmer qu'il vient de dire : ça y est c'est fini il faut partir !!!!!!

Effectivement, une minute plus tard tout le monde est debout et se signe en quittant la table. Je vous avouerai que je n'ai pas éprouvé le besoin de manger plus.

Mes grecs se mettent sur la balcon pour prendre la fraîcheur venue de la mer qui a quelques 10 m et fumer clopes sur clopes..... J'en profite pour prendre de l'avance et essayer de m'endormir. Deux bouchons dans les oreilles, ce ne dont plus que les acouphènes que j'entends. En slip sous un drap de toile de coton comme chez ma grand mère je transpire. Une fenêtre sur deux dispose d'une moustiquaire le vent l'air n'a du mal à rentrer. Je somnole ne trouvant pas le sommeil malgré la fatigue. J'ai levé la terre dans la soirée, mes grecs étaient, fidèles à eux même, en pleine cacophonie ..... Je me suis rendormi tranquillement jusqu'à ce qu'ils se lèvent et partent vers 5 heures du matin à la fraîche. Je ne sais pas s'il y avait le petit déjeuner :-) mais j'avais des fruits et je suis actuellement assis sur un balcon donnant directement sur le bord de mer en train d'écrire ce texte sur l'iPad. J'attends que le bateau qui m'a amené hier, me ramène à mon point de départ. J'arrête lá bien évidement. Sans réservation il est difficile de faire un autre bout de chemin sur cette grande presqu'île. Je suis quelques peu déçu d'arrêter dans ces conditions, j'aurais souhaiter continuer ne serait ce qu'un jour mais j'ai un peu peur de devoir galèrerez à nouveau pour trouver ou coucher ce soir........

Belle expérience qui m'a rappellée les dortoirs communs du temps des éclaireurs de France ou des gites en montagne mais je vais être content de retrouver le confort de mon pépère et la fraîcheur de la nuit à l'intérieur.

 

Date de dernière mise à jour : 22/08/2014