Istanbul

Istanbul

En reprenant la route vers Istanbul, j’avais comme une boule au ventre. L’angoisse de passer en Turquie peut être suite au film d’Alan Parker ?

N’empêche qu’il ne faut pas moins de 5 contrôles pour accéder enfin à la Turquie. Deux controles éclairs du coté grec et trois coté turc. Le premier enregistre votre passeport. Le second le véhicule et le troisième n’avait pas envie de sortie… il voulait savoir si j’avais une moto dans la soute…. Il appuie sur le bouton … c’est bon ! Il me faut une carte pour autoroute, je ferai 4 stations Shell pour l’obtenir. 16,11 euros. Impossible de savoir combien de temps elle dure du moins à quoi elle correspond. De toutes manières, en enregistrant la CG du véhicule à la frontière, en sortant, je suppose que si montant est dépassé… ils me feront payer.

 

L’autoroute vers Istanbul est chargé mais sans plus. Changement de conduite ici, il faut tout oublier et conduire à la mode turc à savoir… pas de clignotant, sans ceinture, téléphone au volant, dépassement de ligne blanche constamment et doublement par la bande d’arrêt d’urgence. L’entrée dans Istanbul est du coup angoissante mais finalement c’est passé comme une lettre à la poste. Je rouel comme eux mais avec quatre  paires d’yeux : deux sur les rétros, une sur la route et l’autre sur la caméra de recul allumée.

L’aire prévu n’existe plus mais 700m plus loin la prochaine est là et moins cher : 30 lt soit 10 euros. C’était savoir le bordel le soir, que dis je la nuit que les jeunes font avec les sons des voitures jusqu’à 6h du matin sans compter sur le bruit des travaux du chantier d’à coté (24 /24) Seulement voilà, se garer plusieurs jours à quelques 200m de la Mosquée Bleue reste le mieux pour visiter Istanbul.

Cette ville m’a littéralement emballé. C’est vivant, trop vivant même à mon gout. Il y a tout le temps du monde et quand je dis monde.. c’est grouillant de monde , un mélange de tradition et de vis moderne ou les filles en tenue européenne côtoient les musulmanes voilés ou seul les yeux apparaissent lorsqu’elles n’ont pas mi leurs lunettes de soleil.

 J’ai eu la chance de rencontrer le premier soir, un couple de français qui retournait en France et avec qui j’ai sympathisé. En se quittant le soir on s’était dit : Bon retour et peut être à demain, qui sait au hasard des visites.

Figurez vous que le lendemain en allant à visiter la Mosquée Bleue, ils étaient juste devant moi. Nous passerons trois jours ensemble à visiter cette belle ville . Michèle et Jean Louis revenaient de Capadocce au volant de leur 4x4 avec cellule et se méfiant du bruit sur l’aire de CC à Istanbul ou j’étais garé, ils avaient opté pour l’hotel, histoire de récupérer un peu.

Une sincère relation amicale s’est installée tout au long de ces trois jours.  Le dernier jour, nous avons passé chacun la journée de son coté, et bien le soir, ils sont passé à nouveau me saluer sur l’aire. Franchement des gens que je n’oublierai pas et à qui je passerai rendre un petit coucou dans la Haute Vienne ou ils habitent.. c’est certain. Un échange et un partage que l’on ne peut rencontrer qu’au hasard de ce genre de voyage. Je ne raconterai pas en détails tous les sites que nous avons visiter, ce serai trop long me connaissant.. je vais donc résumer :

La Mosquée Bleue. Que dire de ce bijou ? le mot impressionnant me vient directement à l’esprit et il est encore faible. Tout comme Sainte Sophie d’ailleurs.
La Mosquée Bleue est ouverte aux visiteurs mais le centre ne l’est qu’aux musulmans venu se recueillir et je peux le comprendre. Pour la visiter, il faut faire la queue et vers 10h c’est encore raisonnable. On pénètre par une petite porte en forme de tunnel et là, il faut se déchausser. Tout est prévu. Des gardes vous donnent un sac plastique dans lequel vous devez mettre vos chaussures. Vous avez accès à la coupole coupée en deux, coté visiteur et coté musulman pour la prière. La moquette au sol est rouge avec des fleurs jaunes et blanches elle est  moelleuse et marcher pieds nus est très agréable. Il y a bien une odeur un peu spéciale, mélange surement de d’odeurs de pieds et d’aspirateur que passent des personnes constamment mais le lieu grandiose avec toute ces céramique blanches et bleues aux murs vous font vite tout oublier. La lumière fournie par les vitraux et la multitude de lampes allumées (couleur chaude) sur les lustres à 3-4 m du sol est douce, elle renforce avec le rouge de la moquette et le bleue de la céramique un esprit de sérénité et une harmonie. Enormément de monde mais on ne s’en aperçoit pas tellement le cœur de cette mosquée est grand. Je comprends maintenant pourquoi l’on parle tout le temps de la Mosquée Bleue comme une référence. Il m’aura fallut y venir pour comprendre. En ressortant, vous remettrez vos chaussures, jetterez vos sac plastique dans les poubelles prévues à cet effet et sortirez enchantés.

 

Sainte Sophie : L’autre Mosquée à visiter en priorité bien évidemment. Le style est différent car il faut savoir que la basilique Sainte Sophie était le symbole de la chrétienté dans le monde jusqu’en 1626 avec l’achèvement de la basilique Saint Pierre de Rome bien plus grande qu’elle.

C’est le Sultan Mehmet qui en prenant Constantinople en 1453 changeât la basilique en mosquée. Il reste à ce jour des magnifiques tableaux en céramique représentant Jésus et Marie. C’est assez bizarre de voir ici à Constantinople, le portrait de Jésus alors que nous sommes dans une mosquée. Il est dommage d’ailleurs que la moitié du cœur de cette basilque/mosquée soit échafaudé car on perd un peu les repaires de grandeur. Bâtie en 537, sa construction faillit, à l ‘époque, mettre en péril l’empire pourtant prospère. Tous les plus nobles matériaux ont été utilisés et l’ensemble fut achevé en moins de 6 ans, un record. Ils étaient quelques peu mégalomanes ces sultans non ? et que dire des sultans actuels aux Emirats Arabes qui avec notre pognon construisent des tours si hautes qu’ils pensent atteinde leur dieu ? Verra t’on la mégalomanie de ces sultans pousser le vice  à batir une tour dépassant le kilomètre de hauteur ? finalement les sultants d’époque n’était pas si mégalomane que maintenant ! N’en reste que Sainte Sophie est là encore une réference à visiter et que vous soyez croyant ou pas, vous ne resterez pas de marbre devant cette beauté.

 La citerne basilique : Voilà encore un endroit à visiter. Imaginez vous descendre prendre le métro par un escalier et découvrir l’entrée d’un temple ou 336 colonnes de 8m de haut vous accueille dans une fraicheur appréciable. C’était un réservoir qui construit en 542 permettant d’alimenter la ville. Oubliée, elle fut redécouverte en 1545 et servi à alimenter en eau le Palais Topkapi. A voir sans hésitation. Des carpes survivent dans 30cm d’eau désormais mais l’endroit avec ses colonnes récupérées un peu partout à l époque sur des temples abandonnés. Une lumière chaude (jaune orangée) renforce pour ma part la beauté du lieu….

Le Palais Topkapi : A voir bien évidemment. Venir à Istanbul et ne pas y aller serait dommage. Immense est juste.. est tout simplement gigantesque et bien placé, on voit le toute l’entrée du Bosphore. 45tl la visite avec le harem cela les vaut. Il faut faire constamment la queue pour rentrer dans les salles mais admirer le trésors sous vitrine est à voir. Bon, ne faites pas de photos lorsque c’est interdit, j’en ai fais les frais. Une blonde décolorée maigre et au visage austère surveille la salle ou j’étais. Je me suis fais « gaullé » comme un bleu (en parlant français)  car l’assistance AF de mon Canon a émit une lumière jaune qui s’est reflétée dans la vitre. Il n’en fallait pas moins pour me faire éjecter manu-militari de la salle.

_ You, go out en turc (enfin cela devait vouloir dire ça)
_ Oh sorry excuse me…
_ GO OUT  en montrant la sortie et en m’accompagnant. Une fraction de seconde j’ai pensé à Alan Parker. Je me suis retrouvé dehors tout con et en étant content qu’aucune force de l’ordre n’ai pris le relais.
A voir aussi dans ce Palais, le harem et les appartements des filles et des Sultans. C’est richement décoré de céramiques … cela vaut le détour.

 Le Bosphore Tour : Là, c’est le TRUC que les turcs vous proposent et vous re-proposent.

Annoncé à 15 euros (ils sont malins) soit 42 lt, ils nous a fallut discuter et rediscuter pour l’obtenir à 75 lt soit 25 lt . Discuter et rediscuter c’est l’essence de l’économie turc…..
N’empêche que les deux heures et demi prévu était réelles et je ne regrette pas mon argent car on en prend plein les yeux et on voit la ville sous une autre vision. Passer sous le pont du Bosphore est quand même un peu magique. A faire donc, mais négociez dur !!!!!!

 

Le grand Bazar et le marché égyptien :

Alors là, l’incontournable si vous voulez vous dépayser encore un peu plus. 
Des km et des km de rues et ruelles couvertes ou pas en fonction des endroits. Coté grand Bazar, c’est couvert et relativement au frais. Une multitude d’échoppes tout au long de petites ou grande travées qui regorgent de céramiques, de Cachemire, de tapis, d’épices etc etc etc… C’est très très haut en couleur, on en prend plein les mirettes… Et comme tout bazar oriental qui se respecte, du moins je crois, il faut négocier et renégocier encore et toujours. C’est parfois amusant, parfois contraignant. De plus vous ne faites pas un pas sans qu’on vous accroche pour vous faire voir les tapis, les blousons, les sacs à main, les cachemires, les épices……  je décline toujours avec le sourire et je n’ai jamais eu de problème, parfois j’engage la discussion en anglais et comme je ne comprends pas tout.. ils laissent tomber. Moi en grande majorité cela me fait rire.  J’ai pas mal marché pour rejoindre les deux marchés et flâner dans les ruelles adjacentes au marché des épices. J’y ai même fais quelques emplettes après difficiles discussions.  J’ai mangé des pilons et ailes de poulets rôties avec légumes, pain et bouteille d’eau pour 3,5 euros en plein milieu des ruelles et assis à raz le sol ou presque. Je ne me lasserais pas de déambuler dans ces ruelles et rues si grouillantes qu’elles m’ont fait penser aux rue de Lyon un jour de 8 décembre. Jamais je ne m’attendais à trouver une foule aussi dense en plein après midi un jour en semaine au point que Jean Louis me dit : je reste derrière je surveille ton sac….. tellement nous ne pouvions plus avancer. 

4 septembre

 

Je quitte Istanbul en milieu de matinée. Si cela roule plutôt bien au début, l’affaire ce corse à l’approche du pont qui franchit le Bosphore. Au ralenti mais pas de bouchons. Ca y est je suis réellement en Asie mineure. Je prends l’autoroute sur quelques 60km et en sortant pour reprendre la nationale (qui roule d’ailleurs aussi bien que l’autoroute puisque c’est une 4 voies constamment) la barrière sonne malgré mon badge. L’affichage indique 3,30.. En plus ou en moins ? Je n’en sais rien !

 

J’ai toujours entendu dire que le peuple turc était accueillant et n’hésitait pas à venir au devant de vous. Mythe ou pas ?
J’ai presque réussi à vider ma bouteille de GPL. Je sais maintenant que mes problèmes viennent d’un mauvais GPL pris vers le Mont Athos. Il me faut refaire plein de gasoil et de GPL.  Chez Shell je m’arrête faire le plein de gasoil. J’hésite (à tort peut être) de prendre du gasoil moins cher ailleurs pour éviter des problèmes bien qu’ici ils ne roulent qu’en Sprinter Mercedes. C’est fou le nombre de Sprinter qui roulent en Turquie.  Ils n’ont pas LPG (GPL). Je repars et fais quelques 300m et trouve une Total. Total m’inspire mieux pour avoir du bon GPL. Ici ils ne badinent pas, ils mettent une fiche de masse sur le véhicule au cas ou une étincelle interviendrait le temps du rechargement. Le patron arrive et me souhaite la bienvenue. S’engage une discussion en anglais ou j’arrive parfaitement à comprendre mon interlocuteur. Il revient de France pour un voyage de deux mois, ses yeux pétillent. Il m’offre un café et m’invite à m’asseoir avec lui pour discuter. Il est fan de motocross et me montre sa Suzuki dont il est…. Amoureux, tout comme moi de mon CC ! On se comprend ! il m’indique un lieu pour cette nuit, un lac en montagne, il vient y pêcher souvent, c’est vraiment très beau me dit il. Abant. Haut lieu touristique de la région. Je me déroute et me dirige vers ce lac de montagne puisque je suis actuellement à 1330m d’après ma montre alti.

Mais avant de monter, je m’arrête pour manger La particularité des routes nationales résident dans le fait qu’elles sont toujours de 4 voies et qu’il faut prendre des parallèles pour pouvoir vous arrêter. Je trouve une petite route sur le coté et m’arrête manger et boire un thé. Tranquillement assis sur le marche pied de mon CC en sirotant mon Apple Tea, un vieil homme balaye sa cour. On se salue, puis il revient avec deux grappes de raisins pour moi. Je suis gêné, le remercie, il semble tout content et me demande si je reste coucher là (ce que j’ai cru comprendre) .. non je repars. Je le vois chercher dans ces fruitiers et voit la suite arriver. Je prépare donc sur mon Ipad des phrases de remerciement avec le traducteur turc. Effectivement, 5 minutes plus tard il revient avec un bon kilo de raisin lavé dans un journal. Pour vous… merci merci la main sur le cœur. Il repart, je le rattrape et lui montre les phrases. Il tend l’oreille et se met à rigoler et à mettre à son tout sa main sur le cœur….  Visiblement il m’a remercié et m’a souhaité bon voyage.

En repartant je cherche un supermarket pour y trouver une bière mais que nenni, ici pas de bière. Rien de rien. EN arrivant à Abant, je trouve une barrière et un paysage. 25 lt soit presque 9 euros. Possible de dormir ? oui ? partout ? oui. Je m’engage et trouve un lac comme ceux que l’on a chez nous sauf qu’ici, ils n’ont pas l’habitude. Le coin me rappelle le lac Genin dans l’Ain. Les turcs viennent passer la journée et manger ici, tout est prévu. Je trouve un petit parking qui surplombe le lac et me mets à taper mon texte sur le Mac.

Il fait nuit, un Kangoo s’arrête à coté et quelques minutes plus tard, à travers la fenêtre le chauffeur m’interpelle en turc, visiblement il cherche quelque chose. Il ne parle pas anglais malheureusement… je descends, sa femme voilée nous rejoint. Je crois comprendre qu’il me demande ce que je pense sur la Turquie et ou je vais. Ce qui l’étonne c’est que je suis seul et sa femme me demande : Lady ? non .. seul ! ils semblent sidérés que l’on puisse voyager comme ca. Il me sert le main, je sers aussi la main de sa femme qui semble étonnée.  Quelques minutes plus tard il revient. Je comprends qu’il n’a plus de batterie sur son portable Nokia et que si par hasard je pouvais le dépanner ! Mais non je suis avec un Iphone.

Tant pis. Je commence à manger et oh lumière… mais j’ai un Nokia ! Oui un Nokia de secours au cas ou je perde mon Iphone, histoire de pouvoir téléphone en urgence. Je sors ma lampe, repars vers eux et : Excuse me…. Nokia …. Et là ses yeux ce sont illuminés, il a même foncé vers le CC afin que je recharge son portable. J’ai ressorti mon Ipad et leur laissé en main. Sa femme est venue directement voir de près cette tablette les yeux là encore plein de lumières et avec un grand sourire. Ils ont cherché des mot et m’on plutôt ému… merci, très gentil et bonne nuit. J’aime mon Ipad qui m’a permis là encore de pouvoir obtenir un sourire un regard et d’avoir laissé une belle image d’un français en voyage. Je vais donc ce soir dormir à 1330m d’altitude. Il va me falloir ressortir la couette !!

Le lendemain je rejoins directement Göreme en Cappadoce. Le revetement de la route est magnifique et me fait passer par Ankara que je contourne. Passer Ankara, la végétation est grillé. Les moissons ont étés faites, toute la végétation est donc jaune et pas un arbre. Seul le long ruban d’asphalte tranche dans ce paysage désert.

J’arriverai en fin d’après midi à Göreme et me dirigerais vers le Dilek Camping qui est visiblement au cœur du village.

Date de dernière mise à jour : 10/09/2014