La côte sud Turquie

 Superbe autoroute plus ou moins gratuit mais désert. Complétement désert. Je suis le seul. L'aire de service annoncé avec resto, pompes essence, toilettes est annoncée à 1km, je vais m'arrêter il est 13h. L'aire est bien là mais.... aucun bâtiment, juste un camion qui repart après avoir mangé. Le parking est très grand, les emplacement sont tracés à la peinture, les arbres sont plantés, le tuyaux d'arrosage présent.... mais rien.. désert. Pire, les bas-côté sont dignes des bords des routes d'Albanie, bondés de déchets que les gens jettent après s'être arrêtés manger.  Dans ce paysage lunaire seul un jeune chien maigre erre. Il couche à l'ombre des arbres en mangeant... des feuilles des plantes qui poussent difficilement. (j'ai du prendre mes jumelles pour en être certain) A peine le routier parti , le chien part à la recherche d'hypothétiques restes masi ne trouve rien. Comme je fais des pâtes, j'en fais un peu plus et lui donnerai avec quelques restes de gras de viandes. A son approche il se sauve mais reveint dès que je suis partir et mange tout puis se couche. Dans ce merdier, je vide les quelques litres d'eau de mon réservoir d'eau usées (vaisselles, douches) Le chien passe derrière le CC et boit..... j'hallucine !!!!! Je trouve un récipient et lui met de l'eau à l'endroit ou il avait mangé mes pâtes et il reveint boit, se couche devant et tranquillement lape l'eau. C'est dingue le nombre de chiens errant qu'il y a ici.....

Je sors de l'autoroute avant de m'endormir au volant et reprends la route. elle me mène à plus de 1000m d'altitude et je traverse un village grouillant de monde. Les commerces se touchent les uns aux autres le long de la rue principale vendant ça et là du miel, des pots en verre, des legumes, du pain..... etc etc etc... C'est assez hétéroclite !
Je décide de m'arrêter faire quelques provisions, des poivrons en l'occurence. Un CC qui s'arrête ici ne passe pas inapercu. Je créé le buzz..... Bon nombre d'hommes portent encore la culotte bouffante....On me propose du miel en turc.... personne ne parle anglais. Deux jeunes filles m'ont pris pour un américain. 80 lires le pot... c'est trop cher.. non.... 40 lires alors.. je partirai sans mais avec 1k500 de figues séches. . Je reprends le volant mais je m'arrête 200 m plus loin en face d'une boutique de bonbon et d'un café. 50 paires d'yeux se tournent vers moi, ils arrêtent de jouer aux cartes ou aux dés... un moment de solitude s'installe parfois. Je pars faire d'autres courses, pain, légumes et revient au CC. Je regarde dans la boutique de bonbon de longs trucs qui pendent. Le type me parle, j'entre, j'essaie de savoir ce que c'est il me montre le prix 15 lires. j'essaye de lui faire comprendre que je voudrais savoir ce que c'est.. il me montre un billet de 5 lires. On rigole.... et je sors pour rentrer dans le CC, laissant la porte ouverte de la cellule. Je range mes affaires mais le type entre dans le CC en me faisiant signe qu'il voulait regarder. No problème. Wouhaou.. il appelle son ami qui en appelle un autre et nous nous retrouvons à 4 dans le CC pour visiter.. dehors, un attroupement de 10 personnes s'est formé. Finalement la seule discussion que nous aurons sera le prix ! Expliquz à des gens qui vivotent qu'une tel CC neuf vaut plsu de 120 000 euros !!! Ils sont d'ailleurs plus riches que nous avec leur style de vie !!!!!!

Je rejoins la côte à Ayas dans un petit village balnéaire après 250 km. Je suis à moins de 200 km de la Syrie. Sympathique village village avec de belles ruines romaines. Le camping Davut est un hotel qui dispose d'un coin pour les CC en bordure de mer. 50 lires quand même mais le paysage se paye je suppose. Désormais avant de rejoindre la Crête, je vais longer la côte et les prix flambe.L'eau à plus de 30°, agitée et les fonds marins ne sont pas très beaux. La pêche au harpon n'a rien donné mais la pêche aux calamars est exceptionnel. Avec une simple canne à moulinet on prend des calamars à la tombée de la nuit. j'y crois pas. Hier soir ils m'pnt donné 4 calamars que je suis empressé de faire cuire.... 

Demain jeudi 11 septembre, je reprend la route direction Antalya. Cela va faire un mois que je suis parti.
En rejoignant Antalya, j'espère pouvoir reprendre le faisceau satellite d'astra et d'avoir à nouveau la TV française. Depuis Ankara, plus de signal, je suis sorti du faisceau de couverture.

Jeudi 11

En quittant Ayas, je pensais rejoindre en deux jours Antalya à quelques 420 km de là.
C’était sans compter sur les imprévus. Après 80 km , mon GPS m’indique une aire de CC et en passant devant, deux français dont un voyageur. Je me suis donc arrêté une nuit en bordure de mer sous les pins…. 13 lires soit moins de 5 euros. Le lendemain je décide quand même de reprendre la route bien que je ne sois plus spécialement pressé puisque Benjamin en France m’a donné l’information que je voulais : il existe bien un bateau de Rhodes à Heraklion. Cela va m’éviter de faire le grand tour.
Mais si je veux voir les Chimères, Pamukkale et Ephese avant d’embarquer, il faut que je roule car il y a beaucoup de distance entre tous ces sites.

365 km pour rejoindre Antalya. Je le ferai en une journée mais les 200 premiers kilomètres ont été difficiles tant coté mécanique que conducteur. La nationale qui longe la cote est défoncée, monte parfois à 15%, descend, remonte et  beaucoup de camions qui peinent à grimper. La nouvelle autoroute devrait être opérationnel en fin d’année. J’arrive à Antalya et cela ne me plait pas du tout.. Trop d’hôtels, trop axé touristes et plage.. ce n’est pas ma manière de voir les vacances. L’aire d’Antalya est située sur un parking en front de mer, gardée, pas de services mais la mer à coté. 10 lires la nuit.

Nuit calme et après un petit footing sur le front de mer et une baignade, direction Cirali est les Chimères.

 

samedi 13 septembre

Bon les Ciméres c’est à voir … sans plus, je ne dois pas être poète. Il m’a fallut descendre une route difficile, très pentue, traverser un village bondé de monde et très étroit (bonjour l’angoisse) pour rejoindre le point GPS de camping Car Info. Effectivement l’endroit est calme, en bord de mer mais attention à ne pas s’ensabler.
L’avantage, à vélo, je suis à deux km de l’entrée du sentier (payant) qui mène aux Chimères. Un km de montée sur ce sentier ou bien sur au pied on vend de l’eau (indispensable par ici avec ces chaleurs) pour arriver à un champ de cailloux d’ou sortent quelques flammèches. Du méthane il paraît qui s’enflamme au contact de l’air. Pas de quoi non plus fouetter un chat (je vous avais dit, je ne suis pas toujours un doux rêveur) Ca c’est fait comme on dit, je ne m’étalerais pas sur la qualité des lieux, blindé de mégots parce le soir venu, les gens viennent voit ces 6 ou 7 flammes qui sortent de terre en refaisant le monde je suppose. Heureusement des poubelles sont présentes ce qui limite la pollution habituelle turque.
Le lendemain, je partirai de très bonne heure pour plusieurs raisons : Eviter la foule dans le village, éviter de croiser une voiture à la montée et éviter de patiner des roues arrières lorsque le goudron est fondu dans les virages très pentus et très serrés. Tout un programme.

6 h je décolle pour rejoindre directement Pamukkale. Je repasse par Antalya et rejoins Pamukkale dans l’après midi non sans passer bien évidemment par des routes larges et vident mais qui montent à 1300 puis redescendent puis remontent etc etc.. L’avantage on voit du pays J
A Pamukkale, je choisi le camping Baydil. Je suis le seul encore cette nuit dans ce camping en face du site convoité. Se réveiller en regardant le soleil se lever sur ce château de coton est quand même magique. J’y vais de bonne heure. A 9h15 c’est déjà plein de monde. Le site est bien encadré et l’on doit se déchausser et suivre un tracé bien précis. Gare si on s’égare, les forces de l’ordre, sifflet à la bouche ne plaisantent pas.

Site très beau je dois reconnaître, bondé de monde, de cars de touristes mais à voir dans tous les cas. Marcher sur la calcite immaculée avec une eau chaude ou tiède reste là encore exceptionnelle. Ayant visiter le matin, je reprends la route pour Ephese, la perle paraît il !

J’ay serai le soir même. Trouver un coin pour rester deux jours n’est pas encore évident. Je décide de m’arrêter au Garde Camping. Pas très bien noté dans le guide ACSI. Son avantage, je peux aller visiter Ephese à vélo. Pas de parking. Négociation en italien (là, je suis coincé) en attendant la fille qui parle un peu anglais. Pas évident mais j’obtiens un prix de 10 euros pour la nuit. Je suis carrément tout seul dans ce grand camping. La piscine est vide et contrairement aux critiques sur les sites dédiés, les sanitaires sont propres. Le problème vient de la fille qui veut absolument me vendre un tapis, des souvenirs, du vin italien, du rakki etc etc… et elle insiste principalement sur le rakki. J’ai réussi à m’en débarrasser en lui disant que si je buvais du rakki, comme j’étais seul, j’allais devoir lui sauter dessus…  hi hi hi.. elle n’a plus insistée ouf.

 

Ephese, voilà la encore un site à ne pas rater. Arrivé à vélo, je n’ai donc pas à payer le parking. J’ai fais la visite en deux heures, c’est suffisant. Je suis entré par le bas, je me disais que bof bof on ne parle mais finalement c’est presque banal. Et bien en arrivent par le haut, on tombe directement sur les restes encore debout et conservés comme la Bibliothèque de Celsius. Là … entre 40 groupes de français et d’asiatiques, il faut se frayer un chemin pour pourvoir faire quelques photos mais je ne regrette pas. C’est franchement à voir. Je ne détaillerai pas là Ephese, internet vous en dira mieux que moi.
Je rejoins mon vélo et m’aperçois qu’il est extrêmement difficile de sortir du parking même avec un vélo. Les bus, les taxis et les Dolmus sont au coude à coude. Les touristes sont laissés en haut et doivent redescendre pour rejoindre les cars en bas ou je suis rentré. Une sacrée pagaille plus o moins organisée.
J’irai faire un tour en ville (Selcuk) pour faire quelques courses et manger un Kokocuk (viande grillée). Un homme m’interpelle, il parle français, il m’invite à boire le çya. Nous nous retrouvons à 4 à la table extérieure d’un café. Il parle parfaitement français, connaît mieux que moi la politique française, connais la valeur du SMIC etc etc etc.. je suis surpris. En fait il est le supérieur de la police de la ville, intervenant en France lors d’affaires Franco-Turque… Sa femme est bretonne et fille d’ambassadeur, elle est consul ici. Forcement. Si tu as un soucis, demande moi, j’arrive de suite. Sympa merci. Mais je n’aurai pas de soucis, j’ai l’impression que la Turquie est plus sure que la France.

 

Mercredi 17 septembre.

Mon angoisse était de rejoindre la Crète depuis la Turquie. Deux options : faire le grand tour par les Dardanelles, Thessalonique et redescendre à Athenes prendre un Ferry pour Héraklion ce qui faisait pas loin de 2400 km ou trouver un bateau qui me permettrait de passer de Marmaris (sud Turquie) vers Rhodes et de Rhodes un autre ferry pour la Crète. C’est grâce à un ami turc rencontré à Gorëme en Cappadoce qui via internet m’a trouvé les infos concernant Marmaris-Rhodes et grâce aussi à mon fils Benjamin qui depuis la France m’a confirmé la possibilité de faire Rhodes-Héraklion avec un CC de 7m.

Direction donc Marmaris mais là ce fut galère pour trouver le bon embarcadère. Après quelques péripéties, je trouve le endroit et prend mon billet 190 euros pour demain matin 9h. Un ferry rejoint Rhodes 2/3 fois par semaines. Je couche dans le port même mais l’on me demande 20 lires soit 7 euros.. qu’a cela ne tienne je suis sur place.

 

Jeudi 18 septembre

Pour rallier Rhodes, ce sont des Ferry Catamaran. Je pensais partir avec eux.. mais non, on me dirige vers un vieux rafiot, juste de quoi mettre un CC et deux voitures. Je ne m’attendais pas à ca mais pourquoi pas ? Les catamarans mettent 1h30, je mettrais plus de 2h et demi avec quelques frayeurs, il a fallut attacher le CC au sol tellement cela tanguait. Mon pauvre pépère faisait la gueule. Il partait dans tous les sens… Si au départ coté formalité cela s’est passé .. on va dire facilement pour quitter la Turquie, à l’arrivée, un officier veut voir tout. Il me fait ouvre toutes les trappes, soulève toutes les couvercles des boites, s’arrête un instant devant les trois moulinets de mes cannes à pêche puis sourit. It’s OK ! En entrant dans le CC il regarde puis me dit : Nice ! Thank You Sir !

Directement en arrivant je prend mon billet pour la Crète. Le vendeur à qui je montre les infos que mon fils m’avait trouvé me dit : Perfect ! à l’euro près. 262 euros si je me souviens bien pour rejoindre Héraklion.  Nous sommes jeudi, le bateau est dimanche à 3h du matin.

Date de dernière mise à jour : 02/10/2014